Les guerres ont, entre autres mérites, de faire monter la rémunération des placements internationaux, et ceci plus spécialement du côté des pays perdants. Pour illustrer ce propos, consultons Voltaire, qui écrit  le 26 mai 1758 à la duchesse de Saxe-Gotha qui se trouve justement, à ce moment-là, du côté des... perdants, et qui ne paraît plus avoir de ressources que dans l'emprunt auprès des Genevois, par exemple :

"Pour donner, Madame, un plus plein éclaircissement de la manière dont les Genevois placent leur argent, je ferai d'abord observer que dès qu'il y a un emprunt ouvert en rentes viagères en France, les pères de famille y placent leur bien, soit sur leur tête, soit sur celle de leurs enfants. Quand il n'y a point de tels emprunts ils prêtent à Paris à terme à la caisse des fermiers généraux du royaume et retirent actuellement six pour cent de leur argent. Mais à la paix ils n'en retireront que cinq."

Voilà pourquoi, Voltaire, qui est un peu le concurrent des Genevois, ne peut que se réjouir des guerres du royaume de France : c'est un pour cent de plus.

Que ne ferait-on pas pour "jouir" de ce pour-cent de plus ?

Pour prendre connaissance du système de jouissance de la finance internationale, et du point d'appui que lui a donné, il y a tout juste trois siècles aujourd'hui (1714), Bernard Mandeville, le grand auteur de prédilection du futur patriarche de Ferney, on pourra se reporter aux pages 428 et 429 de "Quand le capital se joue du travail".

C'est ici : Extrait_428_429

Michel J. Cuny